On était à
Xtreme Fest, le paradis des sensations fortes

Cela faisait quelques temps que le festival nous faisait de l'oeil et sa prog 100% punk/hardcore de 2018, contrairement aux années précédentes où le metal était légion, a su faire chavirer nos petits coeurs de pogoteurs. Voici le récit de nos aventures dans le plus extrême des festivals !

Jour 1. 18h15, premier pas sur notre nouvelle terre promise

Après 6 longues heures de route sous 35 degrés, nous voilà enfin arrivés à Cap’Découverte, non loin d’Albi, pour notre premier Xtreme Fest. Nous découvrons donc une scène en extérieur pour les punks et une en intérieur climatisé pour les coreux. Petite mention pour le balcon de cette dernière, qui permet de bien voir les concerts, même quand on veut se reposer un peu ! Globalement le site est assez petit, peut-être un chouilla trop, si l’on cherche à se poser entre deux sets.

18h30, qui a dit que les bassistes étaient les plus chiants ?!

Pas le temps de niaiser, on se jette une première pinte avant d’aller découvrir Pogo Car Crash Control qu’on avait loupé au Hellfest. Dans un style assez inclassifiable et hyper énergique, voilà une sacrée entrée en matière. Seul bémol, la salle paraît encore un poil vide vue du haut. Pour autant, la sauce prend, bon jeu de scène et mention spéciale pour la bassiste qui remplit carrément l’espace. Dernier accord et il est temps pour nous d’aller planter la tente, on fait le choix de zapper The Brief pour être sur d’avoir un emplacement idéal. Le camping s’avère être une très bonne découverte : à l’ombre sous un petit bois, spacieux, douches et toilettes en dur, deux stands snack/glaces, un bar, une rampe de skate, un coiffeur-barbier et une petite scène pour les concerts du matin. Sans parler de l’énorme singe gonflable accompagné de sa 8.6, emblème du Fest, surplombant une vieille foreuse des carrières. On se croirait presque dans Madmax !

20h15, run to the pit, mosh for your life

Retour sur le site pour Insanity Alert, pour notre premier concert de crossover trash du week-end et c’est une excellente découverte. La foule se densifie mais cela peine encore à se lancer. Un big up au chanteur et leur roadie enchaînant les blagues et proposant un live karaoké, grâce à des pancartes en carton que le public appréciera autant que nous. A noter, la reprise de Maiden, Run to the pit. On aime ! C’est au tour de The Adolescents. C'est tragiquement sans Steve Soto, le bassiste décédé quelques semaines auparavant, que les légendes officient ce soir. Pas d'allusion directe, mais une dédicace inratable sur le fond de scène emblématique. Le crew californien, vieux comme tout, continue sa longue carrière et la fougue est toujours là. Le soleil se couche gentiment, ramenant un peu de fraîcheur. L’ensemble est tout de même un tantinet plat après quelques morceaux. Il faut dire que les voix sont clairement mises en avant au détriment des guitares.

22h, la tête dans les étoiles

On décide de se faufiler pour aller déguster notre premier repas sur le festival et on se laissera tenter par les bagels de L'Epicurien, le stand de burgers étant archi blindé et il le restera tout le week end. À 8.5€ avec frites, il y en a pour tous les goûts : omnivore, végétarien, vegan. Après ce repas fort appréciable, nous voilà fin prêts pour Rise of the North Star sur la Mainstage. On se dit que le balcon peut être un bon compromis pour apprécier le show, malheureusement la qualité de son est loin d'être là, trop de résonance. Tant pis, on descend, quitte à rendre notre bagel dans un pogo. Nos oreilles nous en remercient, ça chante en choeur dans le public et on assiste à une ribambelle de moshpits pendant une heure. Les hostilités sont enfin lancées !

23h, fatigue quand tu nous tiens…

La fatigue commence à se faire sentir, on décide de se poser dehors pour voir The Adicts de loin. Les espaces extérieurs pour poser nos fesses sont plus que limités. Occasion rêvée pour faire les premières rencontres avec les autres festivaliers. On se laissera happer par des conversations dont surement nul ne se souviendra, puis on prendra la décision de mettre de côté Hatebreed, déjà vu moult fois, pour être en forme pour le samedi. Avantage de squeezer le dernier concert : les douches sont libres et le camping n’est pas encore trop survolté, parfait pour rejoindre Morphée. 

Jour 2, 11h30, la cage aux folles

En ce matin du deuxième jour, on fait le tour du camping dans ses moindres recoins après une excellente nuit à l'ombre, c’est parfait. À peine le temps de profiter des douches et les Black Knives commencent sur la scène, ou plutôt la cage en ferraille qui fait office de troisième scène. Les concerts du matin sont l’occasion de rattraper les concerts loupés la vieille, alors on en profite ! Pendant que certains font du skate ou jouent à la pétanque, d’autres sont déjà au bar. Une bonne ambiance matinale en somme.

14h, Cap Découverte

Après quelques courses au village en quête de liqueur anisée, le soleil est au zénith et cogne sévère. La baignade s’impose et on emprunte le télésiège pour descendre au fond de cette ancienne carrière immense et accéder à la base de loisir. Le panorama vaut le coup et le lac en contrebas est salvateur ! L’ambiance est chill, la guinguette tourne à fond et une zone de baignade conséquente est réservée aux festivaliers. Wakeboard, tyrolienne géante, piste de ski synthétique, descente en kart, piscine à toboggans, etc. les activités offertes par Cap’Découverte ne manquent pas et permettent largement de s’occuper jusqu’à la reprise des shows.

19h, Vladimir n’a qu'à bien se tenir

Retour sur le site pour SVETLANAS. En ce samedi, le thème est au carnaval. Le festival propose aux festivaliers de venir déguisés et le meilleur repart avec un pass 3 jours offert pour l’année prochaine. Les gens ont bien joué le jeu de la soirée et c'est entre Casimir, chevaliers en pack de bières et autres nones, que les russes bannis de leur patrie pour cause de prises de position anti-Putin débarquent avec leur trash-punk bien cool. Olga la chanteuse en impose et clairement : “emmerde la Russie”. L’atmosphère s’électrise, bien aidée par leurs refrains fédérateurs et une batterie qui claque comme on l’aime. On enchaîne avec TERROR, toujours aussi bons. Le son est lourd à souhait et la salle s’embrase, donnant encore un peu plus de fil à retordre à un service de sécu déjà bien occupé par les tentatives de slam au premier rang. Pour le coup, la clim n’est pas de trop...

21h, les Opiumettes font le show

S'il y a bien un groupe qui a sa place à l'Xtreme, c’est l’Opium du Peuple. Les réalisateurs des 7 salopards sont des habitués du festival. Ils entament leur set sur une reprise de Que je t’aime de feu Johnny. Leur show burlesque et décalé nous fera sourire et danser du début à la fin, enchaînant les standards français version punk. Mais voici que débarque le groupe que l’on attendait tant en cette journée du samedi : Municipal Waste. Peu de mots peuvent décrire le bordel ambiant qui règne dans cette salle pendant une heure. Une chose est sûre, on apprécie ! Petite anecdote tout de même, Tony Foresta, le chanteur, demande au public de faire une “wave of death”, sorte de concours du plus grand nombre de slam possible en une chanson. Il n'avait cependant pas fait attention au fait qu’un escalier était placé juste derrière les crash barrières, et se retrouve avec la moitié du public sur scène, un joyeux bordel imprévu !

23h, un finish en demi teinte

Comme toujours après un concert de type sale, il faut se ressourcer. On se dit que pour une fois, la queue pour les burgers est courte, c’est donc le moment d’en profiter. Malheureusement le foodtruck est en rupture de stock, d'où la petite file… Ce sera donc bagel, pour changer. Bière à la main et ventre plein, on regarde les Dead Kennedys qui font le show malgré l’absence du chanteur phare du groupe Jello Biafra, qui n’est pas revenu pour leur reformation en 2001. Satisfaisant, bien qu’un peu dur de se mettre dedans après M.W. Et puis c'est au tour de l’ovni toulousain, Punish Yourself, de clôturer le fest pour ce soir. Leur techno-industrialo-metal, sorte de crossover entre Rammstein et Prodigy, résonne fort dans la salle. Malheureusement, les morceaux sont assez inégaux, le chant moyennement audible et on a du mal parfois à rentrer dedans. On notera tout de même la qualité visuelle de l’ensemble, entre peintures tribales fluos et étincelles à gogo. On rejoint donc le camping pour finir la soirée autour du bar sur place, pendant que nos voisins jouent au molkky, normal ?

Jour 3. 11h, détente dominicale

Réveil en "douceur" au son des SVETLANAS sur le camping. Ça tape moins qu'hier, sono réduite oblige, mais ça n'empêche pas les gens de casser la cage qui les entoure et le pit creuse un peu plus le terrain ! Après quoi, retour à la flotte, les doigts de pieds en éventail, sur fond de folk punk bien cool avec CRISWELL. Parfait pour la pause dej ! La guinguette est littéralement blindée ce dimanche midi. En retournant nous changer sur camping et on ne peut que constater, à notre grand désarrois, que la fin du festival se fait sentir. Beaucoup de tentes ont été repliées, visiblement il a été compliqué pour pas mal de monde de poser son lundi...

18h45, L’homme du festival

On attaque cette dernière soirée sur la fin du set de Risk It ! qui nous propose un hardcore plus que plaisant. Au dire des gens, les canadiens de Mute ont tout déchiré avant. On se rattrape avec Bad Cop Bad Cop, le quatuor féminin qui envoie du bois ! Leur pop punk venue tout droit de San Pedro, Los Angeles, nous fait bouger le popotin comme jaja. Big up à la bassiste qui en impose grave sur scène, mais surtout au monsieur caché derrière les barrières muni de son jet d’eau qui nous sauvera tous de l’insolation !

20h15, “Oi! Oi! Oi!” tabernak

Le Québec est à l'honneur en cette dernière journée, c’est maintenant Get the Shot qui prend possession de la mainstage. Une chose est sûre, impossible de ne pas aimer. Le groupe attise la ferveur du public entre demandes répétées de moshpit et discours anti-fascistes/anti-racistes/anti-sexistes/anti-homophobes. De quoi attiser la flamme des punks ici présents ! Et en parlant de punks, les anglais de Booze & Glory réussiront sans soucis à prendre la relève à la suite. En ce milieu de soirée où la température est redevenue supportable, on se laisse entraîner par leur Oi! on ne peut plus british.

22h15, pénuries et files d'attente

Converge… Que dire mise à part que l’on a sûrement pas compris ce groupe. Il se cache quelque chose derrière tout ce bruit ! En attendant la révélation, on se décide d’aller manger. Et visiblement nous ne sommes pas les seuls, la salle se désemplit petit à petit. Et comme dirait ROTNS : “And again, and again, and again, and again !” ce sera bagel car le stand Chez Claire, qui nous propose d’ordinaire des sandwichs, est "out of stock" et le foodtruck de burgers est toujours aussi plébicité. Bien que super appétissant, on a pas la foi de faire une bonne demi-heure de queue et on ne saurait rater le groupe de notre jeunesse...

23h, partage de sueur et de bonheur

J’ai nommé Millencolin. Les ours Suédois seront les derniers à jouer sur la scène extérieure et le feront bien. C’est très propre, c’est le karaoké pour les trois quarts des gens présents, c’est la bonne ambiance de fin de festival tout simplement ! Mais le groupe que tous ont attendu ce week end, c’est bel et bien Comeback Kid. On aura entendu son nom dans toutes les bouches depuis le vendredi, et il faut dire ce qui est : l’Xtreme Fest a su garder le meilleur pour la fin. Le groupe de hardcore mélodique enchaîne tube sur tube, le public sera déchaîné du début à la fin. On ressort de la salle avec un énorme sourire, le t-shirt trempé, principalement par la sueur des 200 personnes autour avec qui on a pogoté. On en redemanderait bien 3h de plus ! L’Xtreme se termine pour nous sur une note plus que positive, on se traine au camping pour vider notre cashless au bar tant qu’il est encore temps en évitant toute conversation abordant la fin ou le lendemain.

Bilan 

Côté concerts

La découverte 
SVETLANAS, Patate de Ruskov dans ta face !

Les furieux 
Get The Shot & Rise of the North Star, mosh pit garantie 

L’incontournable 
Comeback Kid, à voir et revoir sans aucune modération, tous les jours, jusqu’à ce que mort s’en suive

Les vieux punks toujours en place 
Dead Kennedys et The Adicts, 30 ans + de carrière et toujours droit dans leur bottes

Les rois de la scène 
Opium du peuple, plus qu’un concert, un vrai show théâtral à base de cuir et de confettis

Côté festival

On a aimé 

- Cap’Découverte, le lieu salvateur de l’après midi
- Le camping 12 étoiles, bravo !
- Le prix des bières plus que raisonnable
- L'intérieur climatisé, alleluia.
- La cage à concert du camping, parfaite pour se remettre sur pied dès le matin.
- L’arrosage sur la scène extérieure quand le soleil bat son plein et les brumisateurs au bar
- La dose d’activités diverses proposées par Cap’Découverte à prix réduit grâce au fest

On a moins aimé 

- Le son parfois étouffé à l'intérieur
- Les verres non consignés : une fois acheté pas moyen de les rendre
- Un manque d’espace pour poser ses fesses entre deux concerts
- Un 4ème foodtruck n’aurait pas été du luxe

Infos pratiques 

Prix de la bière
Pinte 5.5€ à 6€ pour la 8.6 / la blanche. 2.5€ soda, 1€ l’eau

Prix de la nourriture
Bagel frite : 9,50€, sandwich kebab : 6€, P’tit dej ( café, jus, viennoiseries ): 4€

Prix des billets
Le pass : jeudi gratuit, 40€ 1 jours, 75€ 2 jours, 95€ 3 jours

Transport
Navettes fournies entre le site et Albi / Carmaux pour 2€

Conclusion

Soyons honnêtes, on retournera à l’Xtreme Fest ! Une très belle découverte festivalière qui plaira aux amateurs de musique extrême qui en ont marre des festivals de 50.000 personnes. L’Xtreme est à taille humaine et c’est ce que l’on a aimé. Cap’Découverte, ses activités extrêmes, l’ambiance familiale et le camping y sont pour beaucoup, il faut se l’avouer. Un weekend détente l’après midi, survolté en soirée, plein de bonnes rencontres, de partage (de sueur principalement) et de mosh pit. Que dire à part, à l’année prochaine !

Récit et Photos : Kilian Roy et Hoël Grenier