Les métiers des festivals
Chargé de communication, celui qui t’a fait liker le festival

Toutes ces affiches, pancartes, flyers, vidéos sur les réseaux sociaux, parfois contes et légendes des festivals qui tombent sous vos yeux ébahis sont le fruit du labeur du chargé de communication. Car il n'est pas tout de monter un festival, il faut le faire connaître et donner aux festivaliers toutes les informations nécessaires pour un week-end tout en douceur.

Être le lien direct entre les festivaliers et les organisateurs est une tâche qui répond à des mécaniques très particulières et qui pose un poids conséquent sur les épaules du chargé de communication. Imagination, créativité, réactivité et attention sont autant de qualités requises pour mener à bien cette tâche. Des premiers brainstormings aux publications photo après le festival, le métier remplit bien l’agenda !


Coordonner pour mieux communiquer

Alors, en quoi consiste vraiment le métier ? Pour Anaïs Gruson, chargée de communication pour le festival Marsatac « Le rôle de chargé de communication est pluridisciplinaire. Quand je suis arrivée dans le métier il y a quatre ans, je m'occupais de la diffusion de supports print, de l'affichage, de la partie community management, des partenaires médias ainsi que des relations presses. Selon moi, c’est devenu un métier de coordination. » Elle est par ailleurs prestataire en freelance, travaille pour Marsatac six à huit mois par an et pour d'autres structures en parallèle sur des postes différents. En 2018, elle a notamment travaillé sur le festival Panoramas à Morlaix en tant qu'attachée de presse et est en train de créer un autre festival avec une autre équipe à Marseille.

Étienne Choteau travaille lui aussi sur différents festivals. À 31 ans, il est directeur associé de l'agence événementielle Bon Esprit, qui gère notamment le micro festival Hello Birds : « À Hello Birds, je suis garant de la communication mais je m'occupe aussi de la programmation et de la direction. Pour en arriver là, j'ai fait des études de communication et de l'événementiel depuis plus de dix ans via différents biais associatifs pendant mes études. Au fur à mesure des rencontres, j'ai rencontré quelqu'un qui faisait un peu la même chose que moi et on a décidé de professionnaliser ça. » Pour définir en un mot le métier, il a choisit « l’empathie » : « Pour décider ce qu’on va proposer aux festivaliers en terme de communication, il faut pouvoir se mettre à leur place pour savoir ce qu’ils ont envie de vivre, souligne-t-il. Hello Birds n'est pas un grand festival et on ne fait pas forcément venir les gens par la programmation, comme les plus gros. On n'a pas les moyens d'investir autant d'argent, donc on a un parti pris différent. »

Crédit photo : Foreztival

Marion Bethet fait partie des trois salariés du festival Foreztival et ne s’occupe pas que de la communication. Elle gère également des tâches administratives et la billetterie. Embauchée en CDI en janvier 2019, elle a d’abord fait un BTS audiovisuel en chargé de production avant d’obtenir une licence professionnelle en gestion et administration des entreprises culturelles. « Je savais que je voulais travailler dans le spectacle vivant », révèle-t-elle. À l’issue de cette formation, elle a effectué un stage au Foreztival : « c’est un festival que je côtoie depuis longtemps. Je suis de la région et je l’ai fait plusieurs années en tant que festivalière, ce qui est d’ailleurs une chance pour la communication, parce que j’ai pu avoir le point de vue du public. » Pour elle, les principales missions du métier de chargé de communication sont très pragmatiques : définir la charte graphique du festival, trouver un graphiste pour l’édition, se charger des relations médias tout au long de l’année et gérer les réseaux sociaux.

Alexxx Rebecq, qui est devenu chargé de communication pour le Hellfest après avoir commencé à la production artistique, a un rôle qui diffère un peu des autres : « À l'origine, on est censé faire la promotion du festival pour vendre les billets, mais au Hellfest, ils s’écoulent à une vitesse éclair. Donc je m'occupe de toute la maintenance des réseaux sociaux, de la rédaction des communiqués et des relations médias et à côté, je fais pas mal d'opérations marketing pour pouvoir faire parler de la marque du festival : faire gagner des places, proposer des animations de proximité... On veut proposer quelque chose de nouveau chaque année et surtout nous rapprocher de nos fans. Je gère par exemple une grande tournée « Warm Up » ainsi qu’un fan club de 2 000 membres, où on peut interagir en temps réel avec les adeptes du Hellfest ! » Il faut dire que l'image de marque du Hellfest est très reconnaissable et son positionnement dans le paysage des festivals français est unique.

Mais qu'en est-il de la communication interne ? « Il n'y a pas vraiment ce rôle d'interne dans les festivals, on n'en a pas besoin, allègue Anaïs. La communication interne est utile quand il y a plus de quinze personnes dans une même entreprise. À Marsatac, il y a trois personnes à l'année, d'autres qui arrivent à partir de six mois avant le festival et des stagiaires qui aident à l'élaboration de l'événement. À l'approche de l'exploitation, on est en tout une dizaine. On a tous des outils d'organisation de festival communs comme le site Heeds, qui est une plateforme collective où tous les membres de l'équipe ont les mêmes informations, sur les programmations ou encore les horaires. »


On fait monter la sauce avant le festival !

Tel qu'on peut le voir sur les supports de communication, le travail du chargé de communication commence bien avant le début du festival. Pour Anaïs, « Le travail de communication démarre dès que l'édition précédente est terminée. En septembre, un mois après le festival, on établit la stratégie de l'édition qui va suivre, c'est à dire l'identité graphique de la prochaine édition. » Et c'est là que le rôle de coordinateur prend toute sa dimension. « On travaille toujours avec une boîte qui crée notre identité graphique et qui la décline sur tous les supports, que ce soit un encart publicitaire ou une bannière partenaire sur les réseaux sociaux... On travaille aussi avec un webmaster qui s'occupe de l'arborescence de notre site internet et qui crée notre newsletter, une agence de community managers qui s’occupe du suivi sur les réseaux et des prestataires autour des campagnes digitales qui créent des bannières par exemple. Ça fait beaucoup de monde à gérer et demande une véritable réflexion stratégique. »

Chaque année, il faut trouver de nouvelles idées et arriver à faire renaître son festival sans cloner la précédente édition : « Avec l'équipe interne de Marsatac, poursuit-elle, on définit le message principal et les messages forts qu'on veut faire passer. C'est un travail qui est hyper chronophage et qui surtout à avoir tout le temps des idées, il faut se renouveler en permanence d'une année à une autre. C'est difficile, on repart à zéro à chaque fois en fait. » L'identité d'un festival, ses communiqués et autres travaux graphiques nécessitent une certaine créativité ainsi qu'une bonne imagination. Tous les chargés de communication ont leurs propres techniques pour trouver l'inspiration, et ils ne manquent pas de se pencher sur ce que font leurs confrères. « On bosse beaucoup avec de la vidéo à Marsatac. Je tire souvent mon inspiration de publicités, de clips, de sources diverses et pas forcément de l'identité d'autres festivals »,  confie-t-elle.

Étienne Choteau, chargé de communication pour Hello Birds (premier rang, deuxième en partant de la droite)
Crédit photo : Mathieu Foucher

Étienne du festival Hello Birds revient sur le rôle de l'empathie dans la communication. Il fait par exemple des études basées sur des questionnaires sur le festival, sonde pour savoir ce que les gens ont compris de l'événement, ce qu'ils ont entendu ou ce qui leur plaît. « Si je n'étais pas dans l'organisation du festival, pense-t-il, qu'est ce qui me donnerait envie de venir et de motiver des gens ? La plupart des festivaliers viennent en groupe, donc je me demande ce qui pourrait pousser quelqu’un à motiver ses potes pour venir ! Comme on organise un festival en partie gratuit, on a peu de billets à écouler, donc moins d'enjeux de vente. »

Au Hellfest, on aime aussi proposer de nouvelles choses, oser prendre de nouvelles directions et mettre en place un véritable storytelling. Aujourd'hui, grâce au numérique, cette dimension interactive prend tout son sens : les festivaliers sont connectés en permanence et peuvent suivre au jour le jour l'évolution d'un festival au cours de l'année, les dernières annonces de programmation et même le montage ! « En 2018, on est arrivé à notre 13e édition. On a donc travaillé avec notre directeur artistique sur tout un système de storytelling autour du numéro 13. On a vendu les billets à 13 heures 13 par exemple, raconte Alexxx. Il faut que ça soit cohérent. Le Hellfest n'est pas forcément ancré dans une image fixe. On a toujours voulu se détacher de codes hyper statiques qui nous feraient mettre une tête de vache ou une tête de mort sur une affiche sous prétexte qu’on écoute du metal. Le monde du metal est hyper riche et ce serait dommage de se limiter. On prend d'ailleurs beaucoup de plaisir à réfléchir là dessus, généralement sous forme de gros brainstorming. Maintenant, je ne cache pas que souvent, quand on amène un thème, les festivaliers font leurs propres interprétations. Par exemple, si on fait une story avec un masque, on aura le droit à toutes les spéculations possibles sur la venue de Slipknot... »

Mais pourquoi faire tout ça ? La réponse donnée par le chargé de communication du Hellfest a le mérite d'être aussi simple qu'efficace : « Avant le festival, le but, c'est de faire monter la sauce : « Le festival arrive ! Le festival arrive ! » » Car un festival n'est pas qu'une programmation, une liste de noms plus ou moins connus à la suite sur une affiche. Il faut habiller cette programmation, la sublimer à travers la communication, surprendre ses festivaliers pour attiser leur curiosité et garder leur attention. Il ne s'agit pas uniquement de transmettre de l'information : la forme importe autant que le fond. « Le pire, c'est de ne plus savoir quoi faire, de tourner en rond. Tant que tu as des idées et que tu arrives à faire vivre le truc, c'est bon », assure Alexxx.


Plus busy qu’une instagrameuse en festival

Comme à l'accoutumée avec les métiers de festivals, le chargé de communication n'a pas vraiment le temps de s’amuser pendant l'exploitation. Alexxx précise : « Je ne profite pas beaucoup du festival parce qu'il faut que j'assure les relations avec les médias, que je fasse les visites guidées dans les coulisses du festival tout en racontant de petites anecdotes... J'ai parfois quelques interviews à faire. Il faut aussi gérer les réseaux sociaux et encadrer les équipes de communication. On reste beaucoup dans les bureaux finalement. J'ai le temps de voir un ou deux groupes, pas plus. Et puis on a l'opportunité de voir des groupes sur d'autres festivals, car ça fait aussi partie de notre travail, et tant mieux ! » 

Alexxx Rebecq, chargé de communication pour le Hellfest
Crédit photo : Igor & Sam

Au début du festival, Marion, chargée de communication du Foreztival commence elle aussi par un point presse avec la vingtaine de médias accrédités. Il faut prévoir et anticiper leur arrivée, caler les interviews le plus rapidement possible, même s’il n’est pas toujours possible d’accéder à toutes les demandes. En effet, dans les plus petits festivals, le chargé de communication s’occupe également des relations presse. Pour les plus gros formats, il supervise généralement l'attaché de presse. Et pendant tout le festival, la gestion des réseaux sociaux prend elle aussi un certain temps.  « On essaie de relayer différentes choses, comme les étapes du montage par exemple. Et il faut arriver à s’adapter. Nous par exemple, on n’était pas trop présent sur Instagram il y a quelques années, alors que ce réseau prend aujourd’hui énormément d’ampleur », reconnaît-elle.

À Marsatac, le plus gros du travail pendant le festival est bien la gestion des réseaux sociaux. La tâche demande de la minutie et de la patience, ainsi qu'un très bon sens de l'organisation, car l'erreur peut coûter cher. « S'il y a bien une période pendant laquelle il ne faut pas se louper, c'est pendant le l'exploitation, car on touche une grosse communauté pendant trois jours d'affilée, explique Anaïs. Il faut coordonner les équipes de community managers, de photographes comprenant bénévoles et équipes officielles du festival. On communique par mail toute l'année et ça me tient à cœur de discuter un peu plus et de boire un verre si possible. D'où l'importance de bosser avec toutes ces équipes tout au long de l'année ! »

Il en est de même pour Hello Birds, qui mise surtout sur Instagram comme l'indique Étienne : « Il faut faire des stories qu'on programme avant pour avoir un suivi avec du live, de l'information... On peut communiquer sur des horaires, timetables, plans ou de l'info pratique comme « c'est la canicule, n'oubliez pas votre crème solaire et vos gourdes ». C'est aujourd'hui le médium qui permet d'envoyer le plus d'infos et d'images en même temps. De manière plus générale, ce serait de trouver un bon équilibre entre information et « coolness ». On doit aussi parfois passer des consignes de sécurité ou faire de la sensibilisation par rapport à la pollution ou au harcèlement par exemple. »

La communication est un peu comme la « première ligne » d'un festival, la plus apparente, celle par qui toute l'information passe, mais aussi celle qui encaisse et doit assumer les imprévus pendant l'exploitation. Ce fardeau peut être dur à porter. « Quand la programmation est bouclée, tout repose sur la communication. Souvent, quand tout est bien, tout est parfait on dit que c'est grâce à la programmation. Mais quand tout n'est pas comme il faut, c'est la faute de la communication. On s'attend un peu à ce que la communication fasse des miracles, même quand les conditions ne sont pas les bonnes, comme si la météo est mauvaise ou que les têtes d'affiches sont pas forcément pertinentes par exemple. Ça fait un tout. C'est nous qui sommes exposés en premier à la réussite du festival », confie Anaïs.


Après le festival, c’est avant le festival

Anaïs Gruson, chargée de communication pour Marsatac (deuxième depuis la gauche)

Après le festival, arrive l'inévitable et capital bilan, qui inclut bien évidemment le chargé de communication. « Le bilan se fait dès la fin du festival, on ne part pas en vacances. À Marsatac on aime bien le faire quelques jours après l'exploitation parce que la mémoire est encore toute fraîche. On fait un bilan qui permet de reposer le contexte et les objectifs, de sortir quelques chiffres de l'année, la fréquentation, la billetterie, combien de personnes médias acceptées, toutes nos actions développement durable... On parle aussi d'annoncer les dates de l'édition suivante, on dessine les axes de l'année à venir... » explique Anaïs. Ce bilan permet de voir ce qui a plus ou moins fonctionné, puis de faire un retour aux équipes. Il permet de croiser les ressentis et de synthétiser avec efficacité les résultats du festival.

Tout comme Étienne, Marion procède par sondages et questionnaires auprès du public du Foreztival, mais elle préfère le faire tout de suite après le bilan pour avoir des retours immédiats. Elle souhaiterait aussi lancer un groupe Facebook ouvert aux critiques pour les festivaliers : « On veut prendre en compte le ressenti des festivaliers et leur expliquer nos problématiques. Parfois, bien qu’on tente de faire au mieux, certaines choses nous dépassent. L’idée est d’établir un dialogue avec les festivaliers, ce qui n’était pas possible avant les réseaux sociaux. »

Du côté des équipes de communication, il faut aussi procéder à la récupération des photos, vidéos et autres contenus médias. Étienne donne quelques détails sur tout ce processus : « Il faut que les festivaliers et non-festivaliers puissent avoir leurs photos pour tagger leurs potes. Hors de certaines considérations très business, c'est aussi une expérience très humaine, avec des moments de rencontre, de création. Il est important de retranscrire certains moments. « Ah tiens, entre 3h30 et 5h, deux artistes sont passés en b2b alors qu'ils devaient jouer seuls, et c'était un moment incroyable ! », illustre-t-il. Il faut bien remercier tout le monde, autant les artistes, que les partenaires, les bénévoles et le public. Il faut aussi faire le bilan par rapport aux partenaires, si par exemple tu travailles avec tel marque d'energy drink ou de vêtements, ou un office du tourisme. »

Crédit photo : Nicko Guihal

Puis vient le retour à la communication pure et aux réseaux sociaux : « La première étape de communication, c'est d'annoncer les prochaines dates dès la fin de l'édition qui est en train de se dérouler, conseille Anaïs de Marsatac. C'est bien de le faire dans ce sens et de sortir l'événement car c'est là qu'on touche le plus de monde. La communauté est hyper réactive car ils attendent les photos et vidéos du festival. À un mois de plus, tu les as tous perdus ». Alexxx ajoute : « Huit jours après, on enchaîne avec notre aftermovie. On fait revivre un peu le festival et remonter les souvenirs aux festivaliers. » Pour un chargé de communication, l'avant-festival et l'après-festival sont intimement liés et l'un ne va jamais sans l'autre. À l'approche de chaque nouvelle édition du Hellfest, Alexxx anticipe déjà : « Avant même le début d’une édition, on est déjà en train de réfléchir à ce qu'on va proposer pour la suivante. On est en train de regarder des devis, des actions à mettre en place et comment les décliner. Et après, quand la mise en vente des billets approche, il faut préparer les festivaliers, les sensibiliser, ce qui signifie qu'on doit faire une grosse veille sur les réseaux. Les messages tombent de partout ! »


Un chargé de com’ doit se mettre à jour plus souvent que ton antivirus

Le métier de chargé de communication évolue aussi vite que la technologie et le digital mute de plus en plus vite (déjà douze ans que le smartphone existe !). En effet, il faut être à la page pour bien exploiter tous les média disponibles (affichage, flyers, réseaux sociaux, newsletter, site internet...). Chaque nouveau réseau social, chaque nouvelle plateforme est un nouveau champ que le chargé de communication doit explorer et potentiellement adopter. Les mutations de ces modes de communication ont leurs avantages : « autant, avec le numérique, on peut analyser les retombées et avoir des retours assez facilement. Pour un magazine, c'est plus compliqué. C’est pour ça qu’il faut savoir rester à l'écoute des festivaliers, voir les centres d'intérêt qu'ils ont et les médias qu'ils suivent... » détaille Marion. Mais cette dynamique pousse à repenser la communication dans un paradigme où l'information coule à flots et où le chargé de communication doit arriver à se faire entendre face à la foule d’informations qui apparaissent au scroll. Le festivalier se souviendra-t-il de cette bannière qu'il a vu défiler sous ses yeux pendant quelques secondes ?

En outre, comme pour nombre de métiers de festivals, le métier de chargé de communication évolue avec le festival. Tout d'abord, un changement de format du festival aura une influence inévitable sur son budget, et a fortiori son budget communication. « Le budget a un peu augmenté avec le digital, nous renseigne Anaïs. Marsatac, c'est 2 millions de budget en général. Le budget com' a augmenté très légèrement, il représente 9% du budget total. » Et c’est notamment la vidéo qui prend une nouvelle dimension. « En 2017, la vidéo a fait un bond en avant au Hellfest. On a beaucoup plus travaillé en interne et on s'est fait aider par des prestataires extérieurs. L’intérêt était non seulement de créer une histoire, d'avoir des vidéos plus qualitatives, un univers plus cohérent, mais aussi de pouvoir retranscrire cet univers au niveau des grands écrans vidéos du festival, explique Alexxx. Pour lui, le vrai défi du numérique est de garder une certaine exclusivité dans sa communication et les informations qu'il délivre : « c'est de plus en plus difficile, affirme-t-il. Parfois, il y a des informations qui sortent avant même que nous ayons pu les relayer. Et ça, c’est délicat. Si on doit lancer quelque chose, on préfère le faire de façon cohérente, selon le plan de communication qui a été décidé. Et puis dans notre métier, c’est très difficile de travailler avec un planning fixe, donc il faut anticiper, savoir s'adapter. »

Marion Berthet, chargée de communication pour le Foreztival (à gauche)

En terme de parcours professionnel, le métier de chargé de communication offre un large panel d’opportunités. « En communication, on a besoin d’avoir une vision d’ensemble, témoigne Marion du Foreztival. J’ai pu toucher à beaucoup de choses. Je fais pas mal de création par exemple, des événements à l’année comme le warm up du festival pour annoncer l’événement ou des petits concerts dans les salles du coin, pour lesquels il m’arrive de faire des affiches. J’ai développé sur le tas et en autonomie pas mal de compétences sur Photoshop et InDesign. Avec le système D, on y arrive à la fin ! » Et le travail des chargés de communication est de plus en plus reconnu ! « Il faut valoriser les besoins et l'importance de la communication au sein de l'équipe, même si tout le monde commence à en prendre conscience », conclut-elle.

Difficile de souffler pour un chargé de communication ! À l’ère de l’emballement du numérique, la communication devient plus interactive et nécessite une présence constante. Néanmoins, il ne faut pas dévaluer les outils plus classiques : la polyvalence est de mise dans le métier. Le chargé de communication se voit ainsi attribuer un rôle de coordination : il doit avoir un oeil sur le travail de ses prestataires et sur tous les aspects du festival pour en diriger la stratégie de communication. Pour cela, il faut un bon sens de l’anticipation ainsi qu’une sensibilité esthétique et la fibre humaine. Esthétique d’une part pour donner une identité pertinente au festival, humaine d’autre part pour bien cerner les attentes des festivaliers et leur transmettre un message à la véritable valeur ajoutée. Mais le plus important reste de donner envie à son public de (re)venir au festival !

Crédit photo de couverture : Élodie Chapuis / Marsatac