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Balkan beats sous les palmiers, bienvenue au Goulash Disko Festival

Outlook, Seasplash, Ultra Europe, Dimensions, Lost Theory ou encore le Momento Demento : la Croatie, nouvelle Ibiza en plus grand et moins cher, compte déjà un sacré nombre de festivals. Un mouvement en pleine émergence a décidé d’y planter son drapeau et de fédérer autour d’un évènement annuel ceux et celles qui aiment les Balkan Beats : le Goulash Disko Festival. 

Né en 2013, à l’initiative de deux passionnés de Bass Music et de mélodies des Balkans, le Goulash est le premier festival issu d’une campagne de financement participatif via le site Ulule. Il est la continuité des soirées éponymes du Twisted Pepper à Dublin, la ville de résidence précédente du collectif fondateur ; on pouvait investir le club le temps d’une soirée et bouger notre boule à la sauce électro-fanfare dans la ville qui a vu naître U2 ou The Cranberries. Depuis deux ans, un nombre conséquent d’artistes de tous horizons a rejoint le projet. On peut trouver des soirées Goulash aussi bien à Dublin et Zagreb qu’à Bristol ou Berlin.

Musique 100% globale, nourriture 100% locale 

Pendant ces deux années, 700 élus - les plus rapides à acheter leur pass, selon toute vraisemblance - ont pu bénéficier de l’ambiance paradisiaque de la baie de Kamenice, à Komiza, sur une petite île nommée Vis, peuplée de pêcheurs. Le camping, à proximité de la plage où est installée la scène principale, est protégé du soleil par une forêt de pins. On y passe donc ses journées soit devant le soundsystem, à éprouver ces Global Beats à notre corps défendant ; soit à bronzer, tranquille au bord de l’eau, ou à apprendre à jongler en compagnie d’une flopée de “travelers” provenant de toute l’Europe. On peut aussi aller piquer une tête, ou s’initier au Fjaka, l’art Dalmate de la relaxation en plein soleil.

Côté musique, en 2014 c’étaient Dunkelbunt, Sound Nomaden, The Ufoslavians, Haris Pilton, Kosta Kostov ou encore La Fanfara Electronica qui étaient tout spécialement missionnés pour diffuser l’énergie de l’Est de l’Europe ; on pouvait aussi écouter du Funk, de la Cumbia ou du Dub avec des groupes & producteurs comme Adham Shaikh, Spinforth, Waggles, Tunche Soundsystem ou Bukaraha.

Côté buccal, attention ! Entre le fameux Goulash et son savant dosage entre paprika et légumes frais, les citrons locaux qui sont utilisés pour brasser la bière maison ou le vin issu des vignes qui cernent le village, l’offre y est riche, diverse et très savoureuse ; ainsi ce n’est pas une, ni deux, mais trois bières différentes qui sont brassées lors du Goulash. Vous avez le choix entre la Belgian Witbier, la Golden Ale et la Gypsy Pale Ale ; ces trois variétés sont un délicat voyage gustatif dans les montagnes serbes, en passant par les champs belges où leur malt est récolté et bien sûr la Croatie, de laquelle provient une bonne partie des arômes utilisés.

2015 : un tournant dans l’histoire du Goulash

Cette année, l’évènement évolue et s’installe au Fort Punta Christo, destination de rêve des amoureux de la Bass Music. Construit à la fin du 19ème siècle par l’Empire Austro-Hongrois pour défendre la ville de Pula qui était leur principal port en Croatie-Slavonie, ce monstre de dix kilomètres carrés est peu à peu tombé en désuétude après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, jusqu’à l’abandon complet. En 2001, des amis décident de le restaurer, de le nettoyer et de le rendre apte à recevoir du public ; c’est ainsi que naît le Seasplash Festival, évènement moteur de l’underground Croate. Les infra-basses caressent ainsi une maçonnerie vieille de plus d’un siècle, créent une acoustique bien particulière typique des vieux murs, et renforcent par là le caractère massif de l’ensemble.

Non content d’être né et d’avoir vécu, le Seasplash rejoint cet été les rangs du Goulash Disko ; le Fort sera donc extrêmement cosmopolite, et l’on pourra naviguer entre Bass Music traditionnelle et grooves plus exotiques au gré des envies. On pourra aussi amener un nombre d’amis plus important : le Outlook Festival, qui se déroule au même endroit, accueille environ 3000 personnes. La date change également ; les deux éditions précédentes se déroulaient en septembre, l’idéal pour se faire un petit dernier festival entre amis avant de rentrer à la maison pour digérer toutes ces folies. Cet été, c’est mi-juillet, en pleine saison ; gageons que les amateurs de Cumbia s’organiseront en fonction.

L’année 2015 marque donc l’entrée du Goulash « dans la cour des grands ». Pour certains, c’est un ramassis de beatniks allumés du bocal, de saltimbanques pétés de la cafetière, d’artistes des rues et autres hippies des champs ; pour d’autres, c’est une belle semaine de fête et de paix au soleil avec vue sur la mer Adriatique.